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L’urbanisme et la bonne gestion de l’espace – 14 mai 2019

Le témoignage d’Emmanuelle Augereau, participante

François-Xavier Leuret – directeur SOLIHA- Nouvelle Aquitaine et professeur UFR Sciences des Territoires et de la Communication – Département aménagement, Tourisme et Urbanisme – Université Bx-Montaigne

Compte rendu établi par Emmanuelle Augereau, participante de la seconde séance

Avec les pieds.

Lors de cette séance, nous avons pensé l’urbanisme « avec les pieds » selon la formule de François-Xavier Leuret. Une manière de décomplexer le rapport de tout un chacun dans ce domaine. Domaine qui n’est pas réservé aux spécialistes ni aux techniciens ceux qui pensent notre environnement, nos paysages, nos villes « avec la tête”. Il y a eu ainsi une première mise en espace ludique où chacun des participants s’est vu devenir pingouin et prendre place sur un morceau de banquise de plus en plus étroit. 

L’exercice a rapidement fait apparaître que pour partager un territoire, a fortiori rapetissant il faut rentrer en contact avec ce qui nous entoure, contact verbal, physique. Ainsi aborder les questions d’urbanisme nécessite des facultés de proprioception, une prise en compte de mon rapport à l’autre dans l’espace, 

Villeneuve-la-Joie, ville synthèse.

La seconde mise en situation a confronté le groupe à la réalisation d’une ville à partir de cubes de bois. Réunis autour d’une feuille délimitant un territoire, nous avons construit cette ville en organisant l’habitat, les services, les zones de production, les circulations et les espaces verts. En peu de temps nous nous sommes posés les questions fondamentales et avons rejoué en quelque sorte l’histoire de l’urbanisme. Il est apparu la nécessité d’une concertation pour se mettre d’accord sur la façon dont cette ville s’agencerait.

Cadre et fonctions transversales

La seconde partie de la séance a consisté pour notre intervenant a donner les cadres administratifs existant dans lesquels s’inscrivent tout projet d’urbanisme. À l’aide de boites gigognes, il a figuré tour à tour la commune, l’intercommunalité, le département, la région, l’état puis l’Europe, des baguettes venant traverser les boîtes représentaient les fonctions transversales applicables à tout les cadres. Il s’agit de l’habitat, la production, la mobilité, l’environnement, la mixité.

Revenant sur notre ville en cube, F-X Leuret remarque l’existence d’une grande place et souligne l’importance de la fonction d’un espace de partage qui soit lieu de débat et lieu de discussion. ( D’après le point de vue de sociologues c’est la fonction qu’occupe actuellement les ronds points avec le mouvement des gilets jaunes ). 

L’inscription de l’urbanisme dans le temps:

5 ans est un temps court à l’échelle de l’urbanisme, 20 ans est un temps médian, ainsi il faut environ 20 ans pour pour mesurer l’impact des décisions et ses répercussions. 50 ans est le temps de l’investissement urbain. 

Prendre des décisions en urbanisme c’est s’engager faire des choix comme l’illustre l’exemple du modèle de l’écureuil et du modèle du hérisson. Choisir d’aménager une ville qui permette de réduire le nombre de mort accidentel des hérissons aura un impact urbain bien différent d’une ville ou l’on choisit de protéger les écureuils. Sur la base de ces choix, on ne développera pas les mêmes infrastructures, la ville n’aura pas le même visage, de même la vie de ses habitants

Récit urbain et prise ne compte de l’espace commun

François-Xavier Leuret a insisté sur le fait qu’il n’y a pas nécessité à avoir une connaissance approfondi des cadres administratifs pour aborder l’urbanisme d’un espace donné. Chaque citoyen est en capacité de faire un récit urbain à partir de son expérience, comment je vis ma ville, comment je la ressens?  Il parle de “s’accueillir soi même” c’est à dire d’accueillir le fait que l’on a soi même une compétence.

Faire un récit urbain c’est aussi prendre en considération la dimension de l’autre, sortir d’une problématique individuelle pour la confronter au commun, à la dimension collective. C’est dans cette perspective qu’il peut-être intéressant d’organiser entre citoyen un pôle de partage de collecte d’éléments pour défendre une vision de territoire. 

La séance s’est clôturée sur un échange, plusieurs interventions sont revenues sur les questions qui préoccupent plus particulièrement notre territoire, notamment la finalisation prochaine du Schéma de Cohérence Territoriale, document pour lequel il semble qu’il n’y ait pas eu de réel temps de concertation avec les citoyens. Se pose donc la question du côté des élus de la construction  et de la bonne  communication de ces temps d’échange afin qu’ils soient ouverts et accessibles à un plus grand nombre. 

En quelques mots, je dirais que la pertinence de cette séance du 14 mai repose sur la capacité de l’intervenant à désacraliser l’urbanisme pour en faire un objet dont chaque citoyen peut s’emparer. À partir de son expérience et de son ressenti, chacun est à même de faire un récit urbain qui constitue une parcelle d’un plus grand récit collectif qui peut-être porté auprès des élus et des responsables.En deux mots je retiendrais, nous sommes compétents et nous pouvons participer. 

Emmanuelle Augereau

16/05/2019

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